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Alternatives à l'amalgame

Publié le : 22/08/2025 16:52:06
Catégories : Blog dentaire

Quelles alternatives à l’amalgame dentaire ?

Composite, verre ionomère, matériaux hybrides ou céramique : chaque solution répond à des indications précises.

Auteur : Docteur Georges LAMBOLEY, chirurgien-dentiste — Comité éditorial

À retenir : il n’existe pas un matériau unique capable de remplacer l’amalgame dans toutes les situations. Le choix dépend de la dent concernée, de l’étendue de la cavité, des contraintes masticatoires, de la possibilité de garder la zone sèche et de l’état général de la bouche.

Pourquoi l’amalgame est-il progressivement abandonné ?

L’amalgame dentaire, parfois appelé à tort « plombage », est un matériau solide et durable qui contient notamment du mercure associé à d’autres métaux. Son recul répond principalement à une politique européenne de réduction de l’utilisation du mercure et de son impact sur l’environnement.

Depuis le 1er janvier 2025, son utilisation est interdite en principe dans l’Union européenne. En France, une exception demeure possible jusqu’au 31 décembre 2029 lorsque le chirurgien-dentiste estime son emploi strictement nécessaire en raison des besoins médicaux particuliers du patient.

Cette évolution réglementaire ne signifie pas que toutes les restaurations anciennes doivent être retirées. Elle conduit surtout les praticiens à privilégier des matériaux sans mercure pour les nouvelles obturations.

Comment choisir un matériau d’obturation ?

Un matériau destiné à restaurer une dent doit résister à l’humidité, aux variations de température, aux acides alimentaires et aux forces de mastication. Il doit également assurer une bonne étanchéité, préserver autant que possible les tissus dentaires et être compatible avec son environnement biologique.

Le chirurgien-dentiste tient notamment compte :

  • de la taille et de la profondeur de la cavité ;
  • de la dent concernée et des forces qu’elle supporte ;
  • de la quantité de tissu dentaire restant ;
  • du risque carieux et de l’hygiène bucco-dentaire ;
  • de la possibilité d’isoler parfaitement la dent de la salive ;
  • des exigences esthétiques, du bruxisme et du budget.

Les résines composites

Les composites sont aujourd’hui très largement utilisés. Leur teinte peut être adaptée à celle de la dent, ce qui rend la restauration discrète. Comme ils sont collés aux tissus dentaires, ils permettent souvent une préparation plus conservatrice.

Leurs principaux avantages

  • résultat esthétique et choix de teintes ;
  • adhésion à l’émail et à la dentine ;
  • préservation des tissus sains ;
  • réparation généralement possible en cas de défaut localisé.

Leur mise en œuvre reste exigeante. La dent doit être correctement isolée de l’humidité et les étapes de collage doivent être rigoureusement respectées. Lors de sa polymérisation, le composite se rétracte légèrement ; cette contraction est maîtrisée par le protocole adhésif, la pose en couches successives et une photopolymérisation adaptée.

Les composites modernes présentent de bonnes performances cliniques. Leur longévité varie toutefois selon la taille de la restauration, la dent traitée, les contraintes masticatoires, le risque carieux et la qualité de la technique opératoire.

Les ciments verre ionomère

Les ciments verre ionomère adhèrent chimiquement aux tissus dentaires et libèrent du fluor. Ils sont utiles dans certaines lésions situées près de la gencive ou sur les racines, en odontologie pédiatrique, comme matériaux provisoires ou comme base sous une autre restauration.

Ils tolèrent généralement mieux une humidité modérée que les composites, mais les verres ionomères conventionnels sont moins résistants à l’usure et à la fracture. Ils ne constituent donc pas toujours le meilleur choix pour une grande restauration postérieure soumise à de fortes charges.

Les matériaux hybrides

Les verres ionomères modifiés par résine, les compomères et les giomères associent, à des degrés variables, certaines propriétés des composites et des verres ionomères. Ils cherchent à combiner esthétique, adhésion, maniabilité et libération de fluor.

Leurs indications diffèrent selon leur composition. Ils peuvent être intéressants pour certaines restaurations cervicales, pédiatriques ou de dimensions limitées, mais ils ne représentent pas une solution universelle pour toutes les cavités.

Les restaurations indirectes : céramique ou composite

Lorsque la perte de substance est importante, le praticien peut proposer un inlay, un onlay ou un overlay. Cette pièce est fabriquée en dehors de la bouche, en céramique ou en composite, puis collée sur la dent.

La céramique offre une excellente esthétique, une bonne stabilité de couleur et une résistance intéressante à l’usure. Le composite indirect est généralement plus facile à réparer et peut constituer une autre option selon la situation.

Ces restaurations demandent une préparation précise, une quantité suffisante de tissu dentaire et un collage soigneux. Leur coût est habituellement supérieur à celui d’une obturation réalisée directement en bouche.

Il n’existe pas de « meilleur matériau » dans l’absolu. Une petite cavité esthétique, une lésion radiculaire et une molaire très délabrée ne nécessitent pas la même solution. L’examen clinique et, si nécessaire, radiographique permet au chirurgien-dentiste de retenir le meilleur compromis.

Faut-il retirer ses anciens amalgames ?

Un amalgame ancien, stable, étanche et sans carie à proximité n’a pas à être retiré systématiquement du seul fait de la nouvelle réglementation. Une dépose inutile enlève également une partie du tissu dentaire sain et expose temporairement le patient et l’équipe soignante aux vapeurs et particules produites pendant l’intervention.

Son remplacement peut en revanche être indiqué en présence d’une fracture, d’une perte d’étanchéité, d’une carie secondaire, de symptômes, d’une allergie documentée ou d’un projet de restauration globale. La décision doit être prise avec le chirurgien-dentiste après examen de la dent.

Conseil professionnel : ne tentez jamais de retirer ou de modifier vous-même une obturation. Une douleur, une fissure, une sensibilité persistante ou la perte d’un morceau de matériau justifie un rendez-vous chez le chirurgien-dentiste.

Sources et références