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MA PROTHESE DU BAS NE TIENT PAS.QUE FAIRE?.

Publié le : 09/12/2025 16:22:14
Catégories : Blog dentaire

Stabilisation des prothèses amovibles

Les boutons-pression sur implants

Une solution efficace pour améliorer la stabilité d’un dentier complet

Une prothèse complète inférieure peut devenir difficile à stabiliser, notamment lorsque l’os de la mandibule s’est fortement résorbé. Des implants munis d’attachements, souvent comparés à des boutons-pression, peuvent alors améliorer nettement la rétention et le confort.

La prothèse reste amovible : le patient peut la retirer lui-même pour la nettoyer. Lorsqu’elle est remise en bouche, les attaches intégrées dans sa base viennent se clipser sur les piliers fixés aux implants.

Pour la mandibule, deux implants conventionnels constituent une solution de référence fréquemment utilisée. Le nombre et le type d’implants doivent toutefois être déterminés après un examen clinique et radiologique.

1. Comment fonctionnent les boutons-pression sur implants ?

Chaque implant est placé dans l’os de la mâchoire. Après la phase de cicatrisation, un pilier d’attachement est vissé sur l’implant. Une partie complémentaire, logée dans la prothèse, vient s’y emboîter.

Le système Locator® est l’un des dispositifs d’attachement les plus connus, mais il en existe d’autres. Des inserts de différents niveaux de rétention permettent au praticien d’adapter la force nécessaire pour mettre et retirer la prothèse.

✓ L’implant constitue l’ancrage dans l’os.

✓ Le pilier forme la partie visible sur laquelle la prothèse se clipse.

✓ L’insert rétentif est intégré à la prothèse et peut être remplacé lorsqu’il s’use.

2. Dans quelles situations sont-ils indiqués ?

Cette solution est particulièrement intéressante lorsqu’une prothèse complète inférieure se soulève ou se déplace pendant la mastication et la parole. La mandibule offre une surface d’appui réduite et ne bénéficie pas de l’effet de succion du palais.

Elle peut être envisagée lorsque :

  • la prothèse inférieure reste instable malgré une conception correcte ;
  • la crête osseuse est très résorbée ;
  • l’utilisation répétée d’un adhésif devient nécessaire ;
  • la mastication, la parole ou la vie sociale sont perturbées par les mouvements de l’appareil ;
  • le patient souhaite une solution plus stable tout en conservant une prothèse amovible.

La prothèse existante peut parfois être transformée pour recevoir les attaches. Elle doit cependant être suffisamment solide, correctement adaptée et offrir une occlusion satisfaisante.

3. Combien d’implants sont nécessaires ?

Pour la mâchoire inférieure

Deux implants conventionnels placés dans la région antérieure sont fréquemment utilisés pour stabiliser une prothèse complète mandibulaire. Cette configuration a montré une amélioration de la satisfaction et de la qualité de vie par rapport à une prothèse conventionnelle seule.

Pour la mâchoire supérieure

La situation est différente : l’os est souvent moins dense et les contraintes sont mieux réparties avec davantage d’implants. Une prothèse amovible maxillaire stabilisée repose fréquemment sur au moins quatre implants, parfois reliés par une barre. Le projet dépend du volume osseux et de la conception prothétique.

Les mini-implants ne doivent pas être confondus avec les implants conventionnels. Ils peuvent constituer une option dans certaines situations anatomiques ou médicales, mais leur nombre, leur diamètre et leur indication obéissent à des critères particuliers.

4. Quels sont les avantages ?

  • Meilleure rétention : la prothèse résiste mieux aux mouvements de soulèvement.
  • Confiance accrue : la parole et les repas peuvent devenir plus confortables.
  • Mastication améliorée : certains aliments auparavant difficiles peuvent être consommés plus facilement.
  • Moins d’adhésif : son utilisation peut devenir inutile ou beaucoup plus occasionnelle.
  • Prothèse toujours amovible : elle reste facile à retirer pour assurer son nettoyage.
  • Rétention adaptable : certains inserts permettent d’ajuster la force de clipsage.

La prothèse devient plus stable, mais elle ne se transforme pas en prothèse fixe. De légers mouvements fonctionnels peuvent persister et l’adaptation varie selon l’anatomie, la prothèse et la coordination musculaire du patient.

5. Quelles sont les limites et les contre-indications ?

La pose d’implants nécessite un bilan médical, clinique et radiologique. Le praticien évalue notamment le volume osseux, la qualité de la muqueuse, l’espace disponible, l’occlusion et la capacité du patient à entretenir les implants.

Une prudence particulière est nécessaire en présence d’une maladie générale insuffisamment contrôlée, d’un tabagisme important, d’une hygiène insuffisante, de certains traitements ou d’un volume osseux limité. Ces situations ne constituent pas toutes une interdiction absolue, mais elles doivent être analysées individuellement.

Les implants et les attaches peuvent connaître des complications :

  • absence d’ostéointégration ou perte d’un implant ;
  • inflammation des tissus autour de l’implant ;
  • usure ou perte de rétention des inserts ;
  • desserrage d’un composant ;
  • fracture ou usure de la prothèse ;
  • nécessité d’un rebasage lorsque la bouche continue d’évoluer.

6. Comment se déroule le traitement ?

1. Bilan préimplantaire : examen de la bouche, radiographie tridimensionnelle si nécessaire et analyse de l’état de santé.

2. Validation du projet prothétique : choix du nombre d’implants, des attaches et évaluation de la prothèse existante.

3. Pose des implants : intervention réalisée sous anesthésie locale, selon la situation clinique.

4. Cicatrisation : une période d’ostéointégration est généralement respectée avant la mise en fonction, sauf protocole particulier.

5. Mise en place des attaches : les piliers sont vissés et les parties rétentives sont intégrées à la prothèse.

6. Contrôles : le praticien vérifie le clipsage, l’occlusion, le confort et l’hygiène.

La durée de cicatrisation et le moment du chargement ne sont pas identiques pour tous les patients. Ils dépendent de la stabilité initiale des implants, de l’os et du protocole retenu.

7. Quel entretien faut-il prévoir ?

Les boutons-pression simplifient le quotidien, mais ils nécessitent un entretien régulier. La longévité des implants dépend notamment de la santé des tissus qui les entourent.

  • Retirez et nettoyez la prothèse chaque jour.
  • Brossez doucement les piliers et les gencives avec le matériel conseillé.
  • Nettoyez soigneusement l’intérieur des logements d’attachement.
  • Ne forcez jamais si la prothèse ne se clipse plus correctement.
  • Faites remplacer les inserts lorsqu’ils ont perdu leur rétention.
  • Respectez les contrôles fixés par le chirurgien-dentiste.

Les inserts en matériau polymère sont des pièces d’usure. Leur remplacement est habituellement simple au cabinet, mais sa fréquence varie selon l’utilisation, l’alignement des implants et les habitudes d’entretien.

8. Cas clinique : stabilisation d’une prothèse mandibulaire

Les photographies suivantes illustrent les principales étapes d’une stabilisation par deux implants et des attachements de type bouton-pression.

Prothèse mandibulaire initialement instable

Prothèse inférieure initiale
La prothèse est esthétiquement satisfaisante mais manque de stabilité.

Mandibule avec crête osseuse résorbée

Crête mandibulaire résorbée
Le faible relief osseux limite la stabilité naturelle de l’appareil.

Radiographie de la mandibule avant pose des implants

Avant la pose
Examen radiographique de la mandibule.

Radiographie après pose de deux implants mandibulaires

Après la pose
Deux implants sont positionnés dans la région antérieure.

Pilier mâle d'un attachement implantaire

Partie fixée sur l’implant
Le pilier d’attachement est vissé sur l’implant.

Partie femelle intégrée dans la prothèse

Partie intégrée à la prothèse
Le logement rétentif vient se clipser sur le pilier.

Implants mandibulaires vus de dessus

Implants vus de dessus

Piliers d'attachement vissés dans les implants

Piliers mis en place
Ils sont vissés après la phase de cicatrisation prévue.

Vue rapprochée d'un pilier d'attachement

Vue rapprochée du pilier

Prothèse préparée pour recevoir les attaches

Préparation de la prothèse
Des logements sont aménagés pour recevoir les parties rétentives.

Parties rétentives solidarisées dans la prothèse

Attaches solidarisées
Les boîtiers sont fixés à l’intérieur de la prothèse.

Prothèse mandibulaire clipsée sur ses implants

Prothèse stabilisée
Le clipsage des attaches améliore la rétention de l’appareil.

Le conseil essentiel

La qualité du résultat dépend autant du projet prothétique, de l’hygiène et du suivi que du nombre d’implants.

Cet article fournit une information générale. Seul un bilan réalisé par un chirurgien-dentiste permet de déterminer si une prothèse stabilisée sur implants est adaptée à votre situation.

Docteur Georges Lamboley
Chirurgien-dentiste – Comité éditorial du Laboratoire Medident

Sources et bibliographie

Feine JS et coll. – The McGill consensus statement on overdentures.

Thomason JM et coll. – Mandibular two implant-supported overdentures: the York Consensus Statement.

Kodama N et coll. – Efficacy of Mandibular Two-Implant Overdenture.

Di Francesco F et coll. – The number of implants required to support a maxillary overdenture.

Miler AMQP et coll. – Locator attachment system for implant overdentures: a systematic review.

Anissa Abdelkoui – Attachement Locator® et prothèse adjointe complète.

Park JH et coll. – Two-Step Immediate Loading of Mandibular Overdentures Retained by Mini-implants.