Publié le :
05/05/2020 23:10:56
Catégories :
Blog dentaire
Article rédigé par le Docteur LAMBOLEY Georges Chirurgien Dentiste
Conseils et informations dentaires
Indications, déroulement de l’extraction, complications possibles et conseils pour favoriser la cicatrisation.
Auteur : Docteur LAMBOLEY Georges — Chirurgien-dentiste
Les dents de sagesse sont les troisièmes molaires situées au fond de la bouche. Elles ne doivent pas obligatoirement être extraites : la décision dépend de leur position, de leur état, des symptômes ressentis et des risques qu’elles représentent pour les dents voisines.
1. Pourquoi les appelle-t-on dents de sagesse ?
2. Dans quels cas faut-il les enlever ?
3. Dans quels cas peut-on les conserver ?
4. Examen, âge et choix du praticien
5. Comment se déroule l’extraction ?
Les dents de sagesse sont ainsi nommées parce qu’elles apparaissent généralement à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, période traditionnellement associée à l’acquisition de la « sagesse ».
Situées derrière les deuxièmes molaires, elles peuvent présenter des formes, des dimensions et des orientations différentes selon les personnes. Certaines font normalement leur éruption, tandis que d’autres restent partiellement ou totalement incluses dans l’os ou sous la gencive.
L’extraction est principalement envisagée lorsque la dent provoque des symptômes ou présente une pathologie. Une radiographie panoramique permet d’évaluer sa position, la forme de ses racines, l’espace disponible et ses rapports avec les structures voisines.
Les principales indications
Une dent est dite incluse lorsqu’elle reste entièrement enfermée sous la gencive ou dans l’os. Elle est semi-incluse lorsqu’une partie seulement de sa couronne est visible dans la bouche.
Lorsqu’un fragment de gencive recouvre partiellement la dent, des aliments et des bactéries peuvent s’accumuler sous cet opercule. Cette situation peut provoquer une inflammation douloureuse appelée péricoronarite.

Une dent de sagesse inclinée vers la deuxième molaire peut créer une zone difficile à nettoyer. La plaque et les débris alimentaires favorisent alors les caries, l’inflammation de la gencive et, parfois, la détérioration de la dent voisine.

Important : une dent incluse, asymptomatique et sans pathologie ne doit pas être extraite automatiquement. L’extraction n’est pas non plus recommandée dans le seul but de prévenir un encombrement des incisives.
Une difficulté à respirer ou à avaler, une fièvre importante ou un gonflement qui s’étend rapidement nécessitent une consultation médicale urgente.
Une dent de sagesse peut être conservée lorsqu’elle est correctement positionnée, fonctionnelle, accessible au nettoyage et dépourvue de carie ou de pathologie gingivale.
Une surveillance peut être proposée lorsque la dent est :
✓ Asymptomatique et sans pathologie visible.
✓ Bien positionnée sur l’arcade.
✓ Correctement nettoyable.
✓ Entourée d’un parodonte sain.
Cette surveillance repose sur des examens cliniques réguliers et, lorsque cela est nécessaire, sur des contrôles radiographiques.
Il n’existe pas d’âge universel imposant l’extraction. La décision doit être individualisée. Lorsque l’extraction est indiquée, elle peut toutefois être techniquement plus simple chez un adulte jeune, notamment lorsque les racines ne sont pas encore totalement formées et que l’os est moins dense.
L’âge ne suffit cependant pas à décider : les symptômes, la position de la dent, son environnement anatomique et la balance entre les bénéfices et les risques restent déterminants.
Selon la difficulté, l’extraction peut être réalisée par un chirurgien-dentiste, un chirurgien oral ou un chirurgien maxillo-facial. La radiographie panoramique permet d’évaluer la proximité des racines avec le nerf alvéolaire inférieur ou avec le sinus maxillaire.
Un examen tridimensionnel peut parfois être demandé lorsque les rapports anatomiques paraissent particulièrement étroits ou difficiles à apprécier.
L’intervention est généralement réalisée sous anesthésie locale. Une sédation ou une anesthésie générale peut être envisagée selon le nombre de dents à extraire, la difficulté opératoire, l’état de santé et l’anxiété du patient.
1. Anesthésie
La zone opératoire est anesthésiée afin d’éviter la douleur pendant l’intervention.
2. Accès à la dent
Si la dent est incluse, une incision de la gencive et le retrait d’une petite quantité d’os peuvent être nécessaires.
3. Extraction
La dent est mobilisée puis retirée. Elle peut être séparée en plusieurs fragments afin de limiter le retrait d’os et de faciliter son extraction.
4. Nettoyage et sutures
Le site est nettoyé puis refermé, si nécessaire, avec des points de suture généralement résorbables.

Une douleur modérée, un gonflement, un hématome ou une limitation temporaire de l’ouverture de la bouche sont fréquents après l’intervention. Le gonflement peut augmenter durant les deux ou trois premiers jours avant de diminuer progressivement.
Les antibiotiques ne sont pas prescrits systématiquement. Ils sont réservés aux situations dans lesquelles le praticien estime qu’ils sont nécessaires.
Comme toute intervention chirurgicale, l’extraction d’une dent de sagesse comporte des risques. Ceux-ci varient selon la position de la dent, la forme de ses racines et ses rapports avec les structures voisines.
L’alvéolite sèche correspond à la disparition ou à la dégradation prématurée du caillot sanguin protégeant l’alvéole. Elle provoque généralement une douleur intense apparaissant quelques jours après l’extraction. Elle ne constitue pas nécessairement une infection, mais nécessite une consultation pour soulager la douleur et nettoyer la zone.
Une infection peut provoquer une douleur croissante, un gonflement, un écoulement, un mauvais goût ou de la fièvre. Le praticien déterminera si un traitement local ou antibiotique est nécessaire.
Les racines d’une dent de sagesse inférieure peuvent être proches du nerf alvéolaire inférieur ou du nerf lingual. Une irritation ou une lésion peut provoquer une diminution de sensibilité de la lèvre inférieure, du menton ou d’une partie de la langue.
Cette modification est le plus souvent temporaire, mais elle peut, dans de rares situations, persister. Le niveau de risque doit être évalué avant l’intervention.
Après l’extraction d’une dent de sagesse supérieure, une communication entre la bouche et le sinus maxillaire peut exceptionnellement apparaître. Le praticien donnera alors des consignes spécifiques, notamment pour éviter toute pression excessive en se mouchant.
Un saignement persistant, une atteinte de la dent voisine, une limitation de l’ouverture buccale ou, très exceptionnellement, une atteinte osseuse peuvent survenir.
Oui. Une dent incluse ou mal orientée peut favoriser une carie, une atteinte parodontale ou une résorption de la deuxième molaire.
La durée varie de quelques minutes à une quarantaine de minutes ou davantage selon la position et la difficulté de l’extraction.
Placez une compresse propre sur la zone et mordez fermement pendant au moins dix à vingt minutes. Si le saignement demeure abondant ou ne s’arrête pas, contactez le praticien.
Le tabac ralentit la cicatrisation et augmente le risque d’alvéolite. Il est conseillé de ne pas fumer pendant la période indiquée par le chirurgien.
La reprise dépend de la difficulté de l’intervention et du type d’activité. Elle est parfois possible dès le lendemain, mais plusieurs jours de repos peuvent être nécessaires après une extraction complexe.
Il n’existe pas de durée standard. L’éruption peut s’effectuer progressivement sur plusieurs mois ou plusieurs années. Certaines dents restent incluses et ne font jamais complètement leur apparition.
Une dent de sagesse ne doit être ni conservée ni extraite automatiquement. La décision repose sur un examen clinique, une radiographie et une évaluation personnalisée des bénéfices et des risques.
Haute Autorité de santé — Avulsion des troisièmes molaires : indications, techniques et modalités.
Benjamin Woloszczyk — Guide pédagogique clinique sur l’extraction de la troisième molaire incluse, Université de Lille, 2017.
Carine Chourbaji — Troisièmes molaires : conserver ou extraire ? Critères de décision, Université de Lorraine, 2016.
Julie Vacelet — Critères d’évaluation de la difficulté opératoire lors de l’avulsion des dents de sagesse maxillaires et mandibulaires, Université de Lorraine, 2011.