
Conseils du chirurgien-dentiste
Comment choisir un bon chirurgien-dentiste ?
Dix critères concrets pour trouver un praticien compétent, attentif et transparent
Choisir un chirurgien-dentiste ne consiste pas seulement à trouver le cabinet le plus proche. La qualité de l’écoute, la clarté des explications, l’hygiène, la transparence financière et le suivi sont tout aussi importants.
Après quarante années d’exercice, je vous propose des repères simples pour évaluer la relation de confiance avec votre praticien. Aucun critère isolé ne permet de juger sa compétence : c’est la cohérence de l’ensemble qui compte.
Le bon praticien est celui qui vous examine, vous informe et construit avec vous un traitement adapté. Il doit respecter votre consentement et vous laisser le temps de comprendre les solutions proposées.
Sommaire
1. Vérifier son inscription et ses qualifications
2. Privilégier l’écoute et les explications
3. Comprendre le diagnostic et le plan de traitement
4. Obtenir une information claire sur les tarifs
5. Observer l’hygiène du cabinet
6. Évaluer la prise en charge de la douleur
7. Tenir compte du suivi et de la disponibilité
8. Savoir orienter vers un confrère
1. Vérifier son inscription et ses qualifications
En France, la profession de chirurgien-dentiste est réglementée. Le praticien doit être inscrit au tableau de l’Ordre et posséder un numéro RPPS. Vous pouvez vérifier ces informations dans l’annuaire public de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes ou sur l’Annuaire Santé.
La France reconnaît officiellement trois spécialités en odontologie :
- l’orthopédie dento-faciale, couramment appelée orthodontie ;
- la chirurgie orale ;
- la médecine bucco-dentaire.
L’implantologie, la parodontologie, l’endodontie ou l’occlusodontie correspondent à des domaines d’exercice ou à des orientations professionnelles, mais ne constituent pas des spécialités ordinales reconnues sous ces appellations. Le praticien peut toutefois disposer de diplômes universitaires et d’une expérience particulière dans ces disciplines.
2. Privilégier l’écoute et les explications
Un bon chirurgien-dentiste vous laisse expliquer vos douleurs, vos attentes et vos inquiétudes. Il s’intéresse à vos antécédents médicaux, à vos traitements et à vos éventuelles allergies avant d’entreprendre les soins.
Il doit pouvoir expliquer, dans un langage compréhensible :
✓ Le problème diagnostiqué et les examens qui l’ont mis en évidence.
✓ Les différentes solutions possibles, avec leurs avantages et leurs limites.
✓ Les conséquences d’une absence de traitement, lorsque celui-ci est nécessaire.
✓ Les suites prévisibles, la durée du traitement et les précautions à respecter.
Vous devez pouvoir poser des questions sans avoir le sentiment de déranger. Une relation sereine facilite la prise en charge, particulièrement chez les personnes anxieuses ou ayant vécu de mauvaises expériences dentaires.
3. Comprendre le diagnostic et le plan de traitement
Un traitement important doit reposer sur un examen clinique et, lorsque cela est justifié, sur des radiographies ou d’autres examens complémentaires. Le praticien doit vous présenter un plan cohérent et hiérarchiser les soins urgents, conservateurs, prothétiques ou esthétiques.
Méfiez-vous des conclusions définitives tirées sans examen complet, mais ne jugez pas non plus un professionnel uniquement sur la durée d’un rendez-vous : certains actes simples sont rapides, tandis que d’autres nécessitent davantage de temps.
Avant un traitement irréversible ou coûteux, vous devez comprendre pourquoi il est proposé. N’hésitez pas à demander que le praticien vous montre la dent concernée sur une radiographie, une photographie ou un schéma.
4. Obtenir une information claire sur les tarifs
Le patient doit être informé du prix des actes proposés et des conditions de leur prise en charge. Le cabinet doit afficher certaines informations tarifaires et remettre un devis écrit lorsque la réglementation l’exige, notamment pour les traitements prothétiques et les actes comportant des honoraires libres ou un reste à charge important.
Pour une prothèse dentaire, le devis doit notamment préciser le traitement proposé et, lorsqu’elle est techniquement possible, une alternative relevant du panier 100 % Santé ou du panier aux tarifs maîtrisés.
Les soins conservateurs et chirurgicaux inscrits sur la liste des actes remboursables sont pris en charge sur la base des tarifs conventionnels. Le remboursement réel dépend de l’acte, de votre situation et de votre complémentaire santé. Transmettez le devis à votre mutuelle avant de vous engager.
Avant de signer un devis, vérifiez :
- le détail des actes et des matériaux ;
- le montant des honoraires ;
- la base de remboursement de l’Assurance Maladie ;
- l’estimation de la part complémentaire ;
- le reste à charge prévisible.
5. Observer l’hygiène du cabinet
L’hygiène est un critère essentiel. Le patient ne peut pas contrôler toute la chaîne de stérilisation, mais certains signes visibles doivent inspirer confiance :
- surfaces de travail propres et dégagées ;
- hygiène des mains avant les soins ;
- gants changés entre les patients et chaque fois que nécessaire ;
- instruments emballés ou préparés selon les protocoles du cabinet ;
- protection et désinfection des surfaces exposées ;
- gestion rigoureuse du matériel à usage unique et des déchets de soins.

Si une situation vous inquiète, vous pouvez demander au praticien ou à son équipe de vous expliquer les mesures d’hygiène appliquées. Une réponse claire et professionnelle est préférable à une conclusion fondée uniquement sur l’apparence de la salle d’attente.
6. Évaluer la prise en charge de la douleur et de l’anxiété
Un praticien attentif vous demande si vous êtes anxieux, explique les sensations possibles et vérifie l’efficacité de l’anesthésie avant de commencer un geste douloureux. Il doit rester attentif à vos signes d’inconfort pendant le soin.
Vous pouvez convenir d’un signal, par exemple lever la main, pour demander une pause. La douceur ne se limite pas au geste technique : elle passe aussi par l’information et le respect de votre rythme.
7. Tenir compte du suivi et de la disponibilité
Un bon suivi comprend des consignes après une intervention, la possibilité de joindre le cabinet en cas de complication et l’organisation d’un contrôle lorsque celui-ci est nécessaire.
Les retards occasionnels ne traduisent pas forcément un manque d’organisation : une urgence peut bouleverser le planning. En revanche, des rendez-vous systématiquement expédiés, des questions laissées sans réponse ou l’absence totale de suivi après un acte complexe doivent vous inciter à en parler au cabinet.
8. Un bon dentiste sait orienter vers un confrère
Aucun praticien ne réalise nécessairement tous les actes. Orienter un patient vers un confrère disposant d’une formation ou d’une expérience particulière est un signe de prudence professionnelle.

Une orientation peut être utile pour une chirurgie orale complexe, un traitement orthodontique, une maladie parodontale avancée, un traitement endodontique difficile, une prise en charge implantaire ou une pathologie de la muqueuse buccale.
Pour l’implantologie ou d’autres actes techniques, vous pouvez demander quelle est la formation du praticien, son expérience dans le traitement envisagé et comment seront organisés le suivi et la gestion d’une éventuelle complication.
9. Utiliser le bouche-à-oreille avec discernement

Les recommandations de proches, d’un médecin ou d’un pharmacien peuvent constituer un bon point de départ. Elles restent toutefois subjectives : un praticien parfaitement adapté à une personne peut moins convenir à une autre.
Les avis publiés en ligne doivent également être lus avec recul. Ils renseignent parfois sur l’accueil, les délais ou l’organisation, mais ils ne permettent pas d’évaluer correctement la qualité technique d’un soin.
10. Demander un second avis en cas de doute
Demander un second avis est légitime avant un traitement important, irréversible ou coûteux. Cela ne signifie pas nécessairement que le premier diagnostic est erroné : plusieurs solutions peuvent parfois être valables pour une même situation.
Un second avis peut être particulièrement utile lorsque :
- de nombreuses dents doivent être extraites ou couronnées ;
- un traitement implantaire ou une réhabilitation complète est proposé ;
- les explications ne vous semblent pas suffisamment claires ;
- le devis est très élevé ou comporte plusieurs options difficiles à comparer ;
- le traitement proposé diffère fortement d’un avis antérieur.
Les principaux signaux d’alerte
- refus persistant d’expliquer le diagnostic ou le traitement ;
- pression pour signer rapidement un devis non urgent ;
- absence d’information sur le prix ou le reste à charge ;
- proposition de nombreux actes irréversibles sans examen ou justification compréhensible ;
- manquements visibles et répétés aux règles d’hygiène ;
- refus de vous laisser le temps de réfléchir lorsqu’il n’y a pas d’urgence.
En conclusion
Un bon chirurgien-dentiste associe compétence clinique, prudence, hygiène, pédagogie et transparence. Vous devez pouvoir comprendre ce qui vous est proposé, connaître son coût et participer aux décisions concernant votre santé.
Le conseil essentiel
La confiance ne signifie pas accepter sans comprendre. Un praticien de qualité accueille vos questions et respecte votre besoin de réflexion.
Au cours de mes quarante années d’exercice, j’ai constaté que la qualité d’un traitement repose autant sur la rigueur technique que sur la confiance et la compréhension entre le patient et son chirurgien-dentiste.
Docteur Georges Lamboley
Chirurgien-dentiste – Comité éditorial du Laboratoire Medident
Sources officielles
Service-Public.fr – Information du patient sur les coûts et la prise en charge des frais de santé.
Assurance Maladie – Prothèses dentaires : comprendre la prise en charge et le devis.
Ordre national des chirurgiens-dentistes – Les spécialités reconnues en odontologie.
Ordre national des chirurgiens-dentistes – Annuaire public des praticiens inscrits à l’Ordre.






Nettoyer un dentier-le guide du nettoyage d'un dentier
Le gratte langue tout savoir sur son usage
LA RESINE DENTAIRE :utilisation
SOINS DENTAIRES COMMENT PAYER MOINS CHER