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J'AI DU MAL A SUPPORTER MA PROTHESE DENTAIRE

Publié le : 11/09/2018 10:40:53
Catégories : Blog dentaire

Conseils du chirurgien-dentiste

Difficultés avec un dentier : causes et solutions

Nausées, douleurs, manque de stabilité ou blessures : les réponses aux principales questions des porteurs de prothèses dentaires complètes

Une prothèse dentaire complète a pour fonction de restaurer l’esthétique, la parole et une partie de la capacité à mastiquer. Elle ne procure cependant pas exactement les mêmes sensations ni la même efficacité que les dents naturelles.

L’adaptation demande du temps. Une gêne initiale, une salivation plus importante ou quelques difficultés pour parler et manger peuvent être normales. En revanche, une douleur persistante, des blessures répétées ou une prothèse très instable nécessitent un contrôle par le chirurgien-dentiste.

Une prothèse neuve ne doit pas être parfaite dès la première minute, mais elle doit pouvoir être ajustée. Plusieurs rendez-vous de contrôle sont parfois nécessaires pour éliminer les zones de pression et améliorer sa stabilité.

1. Pourquoi mon dentier me donne-t-il envie de vomir ?

La présence d’une prothèse supérieure peut initialement provoquer un réflexe nauséeux. Le volume de l’appareil, son contact avec le palais et la sensation de corps étranger peuvent être difficiles à supporter pendant les premiers jours.

Dans de nombreux cas, cette gêne diminue progressivement avec l’habituation. Elle peut cependant être accentuée lorsque la partie postérieure de la prothèse est trop longue, trop épaisse ou mal adaptée à la limite entre le palais dur et le voile du palais.

Cette zone participe également à la stabilité de la prothèse supérieure. Elle ne doit donc pas être raccourcie sans un contrôle précis.

Ne meulez jamais vous-même l’arrière de votre dentier. Une correction excessive pourrait diminuer sa stabilité et altérer son étanchéité.

2. Que faire si les nausées persistent ?

Le chirurgien-dentiste doit contrôler la longueur, l’épaisseur et la stabilité de la prothèse. Il vérifiera également l’occlusion, c’est-à-dire la manière dont les dents du haut et du bas entrent en contact.

Lorsque la prothèse est correctement adaptée mais que les nausées persistent, d’autres facteurs peuvent intervenir :

  • réflexe nauséeux naturellement très prononcé ;
  • anxiété liée au port de la prothèse ;
  • sécheresse buccale ou salivation excessive ;
  • reflux gastro-œsophagien ;
  • prothèse instable se déplaçant pendant la déglutition.

Des exercices progressifs de désensibilisation, une adaptation de la prothèse ou une autre solution prothétique peuvent alors être proposés.

3. Pourquoi la prothèse inférieure tient-elle moins bien ?

Une prothèse complète inférieure est généralement plus difficile à stabiliser qu’une prothèse supérieure. Elle repose sur une surface beaucoup plus réduite et ne bénéficie pas de l’effet de succion créé par le palais.

Elle est également soumise aux mouvements permanents de la langue, des joues et du plancher buccal. Même lorsqu’elle est correctement réalisée, sa stabilité peut donc rester inférieure à celle du dentier supérieur.

Une prothèse inférieure légèrement mobile n’est pas forcément défectueuse. En revanche, si elle se soulève constamment, empêche de manger ou provoque des blessures, elle doit être contrôlée.

4. Pourquoi mon dentier inférieur me fait-il mal ?

Après la perte des dents, l’os qui les soutenait se remodèle progressivement. La crête osseuse peut devenir plus fine et offrir une surface d’appui moins favorable.

La douleur peut également provenir :

  • d’une zone de pression excessive ;
  • d’un bord de prothèse trop long ou trop épais ;
  • d’un défaut d’équilibre entre les dents du haut et du bas ;
  • d’une prothèse devenue trop large après une modification des gencives ;
  • d’une muqueuse particulièrement fine ou fragile ;
  • d’une irritation, d’une infection ou d’une lésion indépendante de la prothèse.

Une douleur évoquant une décharge électrique doit également être examinée. Dans certaines mandibules très résorbées, la zone du nerf peut devenir plus proche de la surface d’appui, mais d’autres causes doivent être recherchées.

5. Comment soulager les zones douloureuses ?

Le premier traitement consiste à repérer précisément la zone de pression et à faire ajuster la prothèse par le chirurgien-dentiste. Il est déconseillé de modifier soi-même le dentier.

Selon la situation, le praticien peut proposer :

✓ Une retouche ciblée afin de supprimer une surpression.

✓ Un réglage de l’occlusion pour mieux répartir les forces de mastication.

✓ Un conditionneur de tissus pour laisser reposer une muqueuse irritée.

✓ Un rebasage afin de réadapter l’intérieur de la prothèse aux nouvelles formes de la gencive.

✓ Une base ou un revêtement souple dans certaines situations cliniques particulières.

Des solutions de rebasage souple temporaire peuvent améliorer le confort dans les indications prévues, mais elles ne remplacent pas le diagnostic d’une douleur persistante.

6. Est-il normal d’utiliser beaucoup de colle dentaire ?

Une petite quantité de crème adhésive peut apporter davantage de confiance et améliorer temporairement la tenue d’une prothèse complète. Elle doit être utilisée conformément aux instructions du fabricant.

En revanche, une consommation importante, des applications répétées dans la journée ou un adhésif qui déborde dans la bouche peuvent signaler que la prothèse n’est plus suffisamment adaptée.

Il peut alors être nécessaire de procéder à un réglage, à un rebasage de la prothèse ou à son remplacement.

L’adhésif ne doit pas servir à masquer durablement une prothèse devenue inadaptée. Respectez les quantités recommandées et consultez si vous devez en utiliser toujours davantage.

7. Combien de temps dure un dentier ?

Il n’existe pas de durée identique pour tous les patients. Avec un entretien et un suivi adaptés, une prothèse complète peut souvent être portée pendant plusieurs années. Une durée moyenne de l’ordre de sept à dix ans est fréquemment évoquée, mais certaines prothèses doivent être corrigées ou remplacées plus tôt.

Le remplacement dépend davantage de l’état clinique que de l’âge exact de la prothèse :

  • stabilité insuffisante ;
  • usure des dents artificielles ;
  • modification importante des gencives et de l’os ;
  • fissure ou fragilisation de la base ;
  • difficultés croissantes pour mastiquer ;
  • modification de l’esthétique du visage ou de l’occlusion.

Un rebasage peut parfois prolonger l’utilisation d’une prothèse dont les dents et la base restent en bon état.

8. Que se passe-t-il si la prothèse est conservée trop longtemps ?

Avec le temps, les dents artificielles s’usent et la bouche continue d’évoluer. Une ancienne prothèse peut alors devenir moins stable et répartir les forces de manière irrégulière.

Les conséquences possibles sont :

  • mastication moins efficace ;
  • apparition de blessures ou d’inflammations ;
  • diminution de la hauteur du bas du visage ;
  • accentuation de certains plis autour de la bouche ;
  • modification de la parole ;
  • difficulté plus importante pour s’adapter ensuite à une nouvelle prothèse.

Un contrôle annuel permet de vérifier l’adaptation de l’appareil avant que les problèmes deviennent importants.

9. Les coussinets adhésifs sont-ils efficaces ?

Les coussinets peuvent apporter une amélioration temporaire du confort ou de la tenue. Ils peuvent également limiter certains frottements lorsque leur utilisation est adaptée.

Ils ne corrigent cependant ni une mauvaise occlusion, ni un bord trop long, ni une prothèse devenue trop large. Leur utilisation prolongée sans contrôle peut même masquer une zone irritée.

S’ils deviennent indispensables à chaque repas, faites contrôler votre appareil.

10. Que faire si les dents paraissent trop grandes ?

La forme, la longueur et la largeur des dents artificielles influencent fortement l’apparence du sourire. Lorsque toutes les dents naturelles ont disparu, le praticien dispose parfois de peu d’informations sur leur aspect d’origine.

Des photographies anciennes montrant clairement votre sourire peuvent être très utiles. Elles permettent au chirurgien-dentiste et au prothésiste de mieux reproduire :

  • la forme générale des dents ;
  • leur longueur et leur largeur ;
  • la quantité de dents visible au sourire ;
  • le soutien des lèvres et l’harmonie du visage.

Lorsque l’aspect vous paraît réellement disproportionné, parlez-en avant la finition définitive de la prothèse ou demandez si une correction reste possible.

11. Combien d’implants faut-il pour stabiliser ou fixer un dentier ?

Il faut distinguer une prothèse amovible stabilisée par des implants d’une prothèse complète fixe sur implants.

Prothèse amovible stabilisée

Le patient peut retirer lui-même sa prothèse pour la nettoyer. Selon la mâchoire et le projet retenu, elle peut être stabilisée par deux implants ou davantage.

Prothèse complète fixe

Elle est vissée ou fixée sur plusieurs implants et ne peut être retirée que par le praticien. Quatre, six implants ou parfois davantage peuvent être envisagés selon l’arcade et la situation clinique.

Le nombre nécessaire ne peut pas être fixé uniquement à partir d’une règle générale. Il dépend notamment du volume osseux, de la mâchoire concernée, du type de prothèse, de l’occlusion, de l’état de santé et de la répartition possible des implants.

Les implants nécessitent eux aussi une hygiène rigoureuse et un suivi régulier. Ils peuvent connaître des complications biologiques ou mécaniques et ne doivent pas être considérés comme inusables.

12. Comment prévenir les blessures ?

  • Faites contrôler rapidement toute zone douloureuse.
  • Ne limez et ne meulez jamais vous-même la prothèse.
  • Commencez avec des aliments tendres et de petites bouchées.
  • Mastiquez lentement en répartissant les aliments des deux côtés.
  • Retirez généralement la prothèse pendant la nuit, sauf indication contraire de votre praticien.
  • Nettoyez quotidiennement l’appareil et les muqueuses.
  • Consultez au moins une fois par an, même si vous ne possédez plus de dents naturelles.

Une plaie qui persiste doit être examinée

Une irritation qui ne guérit pas après la correction de la prothèse, une ulcération persistante, un saignement ou une modification inhabituelle de la muqueuse nécessitent une consultation sans attendre.

13. Comment nettoyer correctement une prothèse ?

La plaque bactérienne et les dépôts alimentaires adhèrent à la surface des prothèses. Un nettoyage quotidien est donc indispensable pour préserver la muqueuse et limiter les odeurs.

1. Retirez la prothèse et rincez-la après les repas lorsque cela est possible.

2. Brossez toutes ses surfaces avec une brosse spécialement conçue pour les prothèses.

3. Utilisez un produit compatible, sans abrasif agressif.

4. Nettoyez la langue, les gencives, le palais et les éventuelles dents restantes.

5. Rincez soigneusement la prothèse avant de la remettre en bouche.

6. Manipulez-la au-dessus d’une serviette ou d’un lavabo rempli d’eau afin d’éviter sa casse en cas de chute.

Évitez l’eau très chaude, qui pourrait déformer certains matériaux, ainsi que l’eau de Javel et les produits ménagers non prévus pour l’entretien des prothèses.

Avant de refaire une prothèse

Lorsque la muqueuse est très irritée par une ancienne prothèse, le chirurgien-dentiste peut proposer une période de repos ou l’utilisation d’un matériau de conditionnement tissulaire avant de réaliser les empreintes définitives.

L’objectif est d’obtenir une muqueuse aussi saine que possible afin d’améliorer la précision et le confort de la future prothèse.

Le conseil essentiel

Une prothèse inconfortable n’est pas une fatalité. Un réglage, un rebasage ou une nouvelle solution prothétique peuvent souvent améliorer nettement la situation.

Au cours de mes années d’exercice, j’ai été confronté à l’ensemble de ces questions. J’ai rédigé cet article afin d’aider les porteurs de prothèses dentaires à mieux comprendre leurs difficultés et à savoir quand demander conseil à leur chirurgien-dentiste.

Docteur Georges Lamboley
Chirurgien-dentiste

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