Publié le :
05/05/2020 09:47:48
Catégories :
Blog dentaire
Article rédigé par le Docteur LAMBOLEY Georges Chirurgien Dentiste

Prévention bucco-dentaire
Pourquoi, quand et comment enlever le tartre ?
Auteur : Docteur LAMBOLEY Georges, chirurgien-dentiste
Même avec un brossage soigneux, du tartre peut progressivement se former dans certaines zones difficiles d’accès. Lorsqu’il est installé, il ne peut plus être retiré avec une simple brosse à dents. Un nettoyage professionnel peut alors être nécessaire pour préserver la santé des dents et des gencives.
Dans cet article
1. Qu’est-ce qu’un détartrage ?
2. Comment le tartre se forme-t-il ?
3. Quelles sont ses conséquences ?
4. Comment se déroule une séance ?
Le détartrage est un soin qui consiste à retirer les dépôts de tartre accumulés sur les dents et, lorsque cela est nécessaire, sous le rebord de la gencive.
Il complète le brossage quotidien et le nettoyage interdentaire. Son objectif principal est de préserver la santé des gencives et de faciliter le contrôle de la plaque dentaire.
✓ Retirer le tartre visible et accessible.
✓ Réduire l’irritation et l’inflammation des gencives.
✓ Éliminer une partie des colorations superficielles.
✓ Faciliter le maintien d’une bonne hygiène bucco-dentaire.
À ne pas confondre : le détartrage n’est pas un blanchiment. Il retire les dépôts et certaines colorations de surface, mais ne modifie pas la couleur naturelle de l’émail.
La plaque dentaire est un dépôt mou et collant qui se forme continuellement sur les dents. Elle contient des bactéries, des composants de la salive et des résidus provenant de l’alimentation.
Lorsqu’elle n’est pas correctement éliminée, la plaque se minéralise progressivement sous l’action des minéraux de la salive. Elle devient alors du tartre, un dépôt dur qui ne peut plus être retiré par le seul brossage.

La vitesse de formation varie selon les personnes. Elle dépend notamment de la composition de la salive, de l’hygiène bucco-dentaire, de l’encombrement des dents, du tabagisme et de la présence éventuelle d’une maladie parodontale.
Le tabac ne constitue pas l’unique cause du tartre, mais il favorise les colorations, altère la santé des gencives et augmente le risque de maladie parodontale.
Le tartre présente une surface rugueuse sur laquelle la plaque bactérienne adhère facilement. Son accumulation peut provoquer une inflammation des gencives appelée gingivite.
Les signes les plus fréquents sont :
Lorsque l’inflammation progresse sous la gencive, elle peut atteindre les tissus qui maintiennent les dents, notamment le ligament et l’os alvéolaire. On parle alors de parodontite.
Des poches parodontales peuvent se former entre la dent et la gencive. Sans traitement, la perte osseuse peut entraîner une mobilité, un déplacement puis, dans les cas avancés, la perte de certaines dents.
L’accumulation de plaque et l’inflammation des gencives peuvent contribuer à une mauvaise haleine. Celle-ci peut cependant avoir de nombreuses autres causes qu’un examen bucco-dentaire permettra de rechercher.
Consultez rapidement si vos gencives saignent régulièrement, se rétractent, sont gonflées ou si certaines dents deviennent mobiles. Ces signes peuvent révéler une maladie parodontale nécessitant un traitement adapté.
Une partie du tartre est visible sous la forme de dépôts blanchâtres, jaunâtres ou brunâtres. Le tartre situé sous la gencive est en revanche beaucoup plus difficile à repérer sans examen professionnel.
La fréquence du détartrage ne doit pas être identique pour tout le monde. Elle dépend du risque individuel, de la quantité de tartre produite, de l’état des gencives, du tabagisme et de la présence éventuelle d’implants ou d’un appareil orthodontique.
Le bon rythme : votre chirurgien-dentiste détermine la fréquence des contrôles et des détartrages selon votre situation. Certaines personnes ont besoin d’un suivi rapproché, tandis que d’autres peuvent espacer davantage les séances.
Le praticien examine les dents et les gencives. En présence de signes évocateurs d’une maladie parodontale, il peut mesurer la profondeur des poches autour des dents à l’aide d’une sonde graduée.
Un appareil transmet de fines vibrations à un embout métallique afin de décoller progressivement le tartre. Une irrigation à l’eau refroidit l’instrument et facilite l’élimination des dépôts.
Des instruments manuels professionnels peuvent être employés pour éliminer certains dépôts, atteindre des zones précises ou compléter le travail réalisé par ultrasons.
Ces deux méthodes peuvent être associées. Le choix dépend de la localisation du tartre, de l’état des dents et des gencives ainsi que de la sensibilité du patient.
Un polissage peut compléter le détartrage afin de retirer certaines colorations résiduelles et de rendre les surfaces plus lisses. Il est réalisé avec des instruments et des produits professionnels adaptés.
Un détartrage simple est généralement bien toléré. Une sensibilité peut néanmoins être ressentie en présence de gencives très inflammatoires, de racines exposées ou d’une accumulation importante de tartre.
Une légère sensibilité au froid ou un petit saignement peuvent persister pendant une courte période après la séance. Une anesthésie locale peut être proposée lorsque le traitement est plus profond ou que le patient est particulièrement sensible.
Lorsqu’une parodontite est diagnostiquée, un détartrage classique peut être insuffisant. Le tartre et le biofilm bactérien doivent alors être éliminés sous la gencive et à la surface des racines.
Cette intervention, appelée détartrage-surfaçage radiculaire ou assainissement parodontal, constitue un traitement de première intention de la parodontite.
Illustration d’un détartrage-surfaçage radiculaire.
Le traitement est généralement effectué sous anesthésie locale, sur une ou plusieurs zones de la bouche. Il n’est pas toujours nécessaire de décoller chirurgicalement la gencive : de nombreux assainissements sont réalisés sans ouverture de celle-ci.
Une intervention chirurgicale parodontale peut être envisagée ultérieurement si certaines poches profondes persistent malgré le traitement initial.
Après le traitement : l’efficacité dépend aussi du contrôle quotidien de la plaque et du suivi professionnel. Sans une hygiène adaptée, le tartre et l’inflammation peuvent réapparaître.
✓ Brossez vos dents matin et soir pendant deux minutes.
✓ Utilisez une brosse souple et un dentifrice fluoré adapté.
✓ Nettoyez quotidiennement les espaces entre les dents avec du fil ou des brossettes interdentaires.
✓ Limitez la fréquence des consommations sucrées.
✓ Évitez le tabac, particulièrement nocif pour les gencives.
✓ Respectez la fréquence de contrôle recommandée par votre dentiste.
Le brossage permet d’enlever la plaque encore molle, mais pas le tartre déjà minéralisé. Il reste cependant indispensable pour ralentir sa réapparition après un détartrage.
Le détartrage réalisé par un chirurgien-dentiste est pris en charge par l’Assurance Maladie sur la base du tarif conventionnel en vigueur. Le remboursement final dépend ensuite de votre situation et de votre complémentaire santé.
Un aéropolissage, certains actes complémentaires ou un traitement parodontal plus approfondi peuvent faire l’objet d’une facturation distincte.
Le détartrage-surfaçage radiculaire relève d’un traitement parodontal spécifique. Sa prise en charge varie selon la situation médicale, notamment pour certains patients diabétiques en affection de longue durée. Un devis peut être établi avant les soins.
Conseil : demandez au cabinet de préciser les actes prévus, leur tarif et leur niveau de remboursement avant de commencer un traitement parodontal important.
Des instruments manuels et des appareils électroniques destinés aux particuliers sont proposés sur Internet. Ils ne permettent toutefois ni de réaliser un diagnostic parodontal ni de repérer correctement le tartre situé sous la gencive.
Une curette mal orientée ou un appareil mal utilisé peut provoquer une blessure de la gencive, une rayure de la dent ou d’une restauration, une sensibilité et un saignement. Il peut également donner l’impression que le problème est traité alors qu’une maladie parodontale continue d’évoluer sous la gencive.
Le tartre minéralisé doit donc être évalué et retiré par un professionnel. À domicile, la priorité consiste à éliminer quotidiennement la plaque encore molle grâce au brossage et au nettoyage interdentaire.

Voir les accessoires d’hygiène dentaire
Ces accessoires ne remplacent ni l’examen, ni le diagnostic, ni le détartrage réalisé par un chirurgien-dentiste.
Le tartre ne peut plus être éliminé par le seul brossage lorsqu’il est minéralisé. Son retrait professionnel aide à maintenir des gencives saines et à prévenir l’aggravation d’une gingivite ou d’une maladie parodontale.
La fréquence du détartrage doit être adaptée à chaque patient. Elle ne remplace jamais une bonne hygiène quotidienne, mais la complète lorsque des dépôts se sont formés.
Brossage, nettoyage interdentaire et suivi professionnel sont les trois piliers de la prévention du tartre et des maladies des gencives.
Haute Autorité de Santé — Évaluation du détartrage-surfaçage radiculaire dans le traitement des parodontites. Consulter le rapport
Assurance Maladie — Consultation et traitement de la gingivite et de la parodontite. Consulter la référence
Maritato M. — Root surface alterations following manual and mechanical scaling: a comparative study. Consulter la publication