Publié le :
05/05/2020 10:02:38
Catégories :
Blog dentaire
Article rédigé par le Docteur LAMBOLEY Georges Chirurgien Dentiste

Santé bucco-dentaire
Auteur : Docteur LAMBOLEY Georges, chirurgien-dentiste
Votre chirurgien-dentiste a détecté un granulome sous une dent ou une couronne ? Cette lésion est souvent découverte au cours d’une radiographie, sans avoir provoqué de douleur particulière. Une prise en charge adaptée permet généralement de traiter l’infection tout en conservant la dent.
Dans cet article
1. Qu’est-ce qu’un granulome dentaire ?
2. Comment est-il diagnostiqué ?
Le granulome dentaire, ou granulome périapical, est une lésion inflammatoire chronique qui se développe généralement dans l’os, autour de l’extrémité de la racine d’une dent infectée ou nécrosée.
Il s’agit d’une réaction de défense de l’organisme face à la présence persistante de bactéries et de substances inflammatoires provenant du canal de la dent.
✓ Il peut rester longtemps indolore.
✓ Il est souvent découvert lors d’une radiographie de contrôle.
✓ Il se situe généralement autour de l’extrémité d’une racine.
✓ Il peut être présent sous une dent naturelle, une couronne ou un bridge.
À ne pas confondre : un granulome dentaire n’est pas une tumeur. Il s’agit d’une lésion inflammatoire provoquée par une infection d’origine dentaire. Il n’est pas toujours possible de distinguer avec certitude un granulome d’un kyste uniquement à partir de sa taille ou de son aspect radiographique.

Sur une radiographie, une lésion périapicale apparaît généralement sous la forme d’une zone plus sombre située autour de l’extrémité de la racine.
Cette image sombre correspond à une zone dans laquelle l’os est moins dense. Les rayons X la traversent donc plus facilement que l’os sain qui l’entoure.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique, les tests réalisés sur la dent et les examens radiographiques. Dans certaines situations, une radiographie tridimensionnelle ou un CBCT dentaire peut être demandé pour préciser la taille et la position de la lésion.
Important : l’image radiographique permet de repérer une lésion, mais ne permet pas toujours d’affirmer qu’il s’agit précisément d’un granulome ou d’un kyste. Une analyse des tissus retirés peut parfois être nécessaire.
Le granulome est fréquemment asymptomatique. Il peut évoluer pendant plusieurs mois ou plusieurs années avant d’être découvert fortuitement sur une radiographie.
Certains signes peuvent néanmoins apparaître :
Lorsque la pulpe de la dent est complètement nécrosée, la dent peut ne plus réagir aux tests de sensibilité au froid. Cette absence de réaction doit toutefois être interprétée par le chirurgien-dentiste.
Une consultation urgente est nécessaire en cas de gonflement important ou qui s’étend, de fièvre, de douleur intense, d’écoulement purulent ou de difficulté à ouvrir la bouche. Une difficulté à respirer, à parler ou à avaler constitue une urgence médicale.
La cause principale est la présence durable de bactéries dans le système canalaire de la dent. Plusieurs situations peuvent être à l’origine de cette infection.
Une carie non traitée peut progresser jusqu’à la pulpe dentaire. Celle-ci s’enflamme, puis peut se nécroser. Les bactéries atteignent alors l’extrémité de la racine et provoquent une réaction inflammatoire dans l’os.
Un choc peut endommager les vaisseaux et les nerfs qui assurent la vitalité de la dent. La pulpe peut alors se nécroser progressivement, parfois sans douleur immédiate.
Une dent ayant subi un traumatisme doit donc être surveillée, même si elle ne semble pas cassée et ne provoque aucune douleur.
Une lésion périapicale peut apparaître ou persister après un traitement canalaire lorsque certaines bactéries restent présentes dans un canal difficile d’accès, une ramification ou une zone insuffisamment désinfectée.
Cette situation ne signifie pas systématiquement que le traitement initial a été mal réalisé. L’anatomie des racines peut être particulièrement complexe, avec des canaux fins, courbés, calcifiés ou difficiles à détecter.
Certaines lésions peuvent associer une infection provenant du canal de la dent et une maladie parodontale affectant les tissus qui soutiennent la racine. Un diagnostic précis est alors indispensable pour choisir le traitement approprié.
✓ Faire contrôler régulièrement ses dents.
✓ Traiter les caries avant qu’elles n’atteignent la pulpe.
✓ Consulter après un traumatisme, même sans douleur.
✓ Respecter les contrôles radiographiques après une dévitalisation.
✓ Maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire et traiter les maladies des gencives.
Une lésion périapicale traduit la présence ou la persistance d’une inflammation autour de la racine. Son évolution varie selon la cause, l’état de la dent, le traitement déjà réalisé et les défenses immunitaires du patient.
Elle peut rester stable pendant un certain temps, diminuer après un traitement correctement réalisé ou, au contraire, augmenter de volume et provoquer une destruction osseuse plus importante.

La prise en charge n’est donc pas identique pour toutes les lésions. Selon la situation, le chirurgien-dentiste peut proposer un traitement, un retraitement, une intervention chirurgicale ou une surveillance radiographique régulière.
Une lésion indolore n’est pas nécessairement guérie. L’absence de douleur ne permet pas de savoir si l’infection a disparu. Seul un contrôle clinique et radiographique permet d’évaluer son évolution.
Le choix dépend de la possibilité de conserver la dent, de l’état du traitement canalaire existant, de la taille de la lésion et de l’état général du patient.
Lorsque la dent n’a jamais été dévitalisée, le traitement consiste à accéder aux canaux, à retirer la pulpe infectée, puis à nettoyer, désinfecter et obturer l’ensemble du système canalaire.
Si la dent a déjà été traitée, un retraitement endodontique peut être envisagé. Le praticien retire les anciens matériaux d’obturation, recherche les canaux éventuellement oubliés, désinfecte l’intérieur des racines puis réalise une nouvelle obturation étanche.
Une obturation ou un pansement dentaire provisoire peut être placé entre les séances avant la restauration définitive de la dent.
Dans les situations complexes, le traitement peut être réalisé sous microscope par un chirurgien-dentiste ayant une pratique particulière en endodontie.
Après le traitement : la disparition de la lésion n’est pas immédiate. La réparation osseuse est surveillée par des radiographies réalisées au cours des mois suivants.
Lorsque le retraitement par l’intérieur de la dent a échoué, n’est pas réalisable ou risque d’endommager la restauration existante, une chirurgie endodontique peut être proposée.
Cette intervention, appelée résection apicale, est généralement effectuée sous anesthésie locale.
1. Accès à la lésion
La gencive est incisée afin d’accéder à l’os situé devant l’extrémité de la racine.
2. Nettoyage de la zone
Les tissus inflammatoires sont retirés avec précaution. Ils peuvent être adressés à un laboratoire pour une analyse anatomopathologique.
3. Résection de l’apex
Quelques millimètres de l’extrémité de la racine sont retirés afin d’éliminer la partie susceptible d’entretenir l’infection.
4. Obturation de l’extrémité du canal
Le praticien peut préparer puis obturer l’extrémité du canal afin d’empêcher une nouvelle contamination bactérienne.
5. Fermeture de la gencive
La zone est nettoyée puis suturée. Un matériau de régénération osseuse peut être utilisé dans certaines situations, mais il n’est pas systématique.

L’extraction peut être nécessaire lorsque la dent est fracturée, trop délabrée, très mobile, impossible à retraiter ou lorsque son pronostic est jugé trop défavorable.
Elle ne doit pas être considérée comme la seule solution avant d’avoir évalué les possibilités de traitement conservateur. Un second avis auprès d’un praticien expérimenté en endodontie peut être utile dans les situations complexes.
Le prix dépend du type de dent, du nombre de canaux, de la complexité du traitement, de la présence d’une couronne ou d’un pivot et de la nécessité éventuelle d’une intervention chirurgicale.
La dépose d’une couronne n’est pas toujours obligatoire. Dans certains cas, le praticien peut accéder aux canaux à travers la couronne. Dans d’autres situations, celle-ci doit être retirée et éventuellement remplacée.
Traitement initial : son coût dépend de la dent et des actes nécessaires.
Retraitement complexe : des honoraires complémentaires peuvent être pratiqués.
Résection apicale : le tarif dépend notamment de la dent et de la difficulté de l’intervention.
Conseil : demandez un devis écrit et transmettez-le à votre complémentaire santé pour connaître votre prise en charge.
Le granulome dentaire est une lésion inflammatoire située le plus souvent autour de l’extrémité d’une racine infectée. Il peut évoluer sans douleur et être découvert lors d’un examen radiographique.
Un traitement ou un retraitement des canaux peut permettre la guérison et la reconstruction progressive de l’os. Lorsque cette solution ne peut pas être mise en œuvre ou reste insuffisante, une résection apicale peut être envisagée afin de conserver la dent.
Une lésion périapicale découverte à temps peut souvent être traitée sans extraire la dent.
Fabio Gorni — The outcome of endodontic retreatment: a 2-year follow-up. Consulter la référence
Haute Autorité de Santé — Évaluation et recommandations relatives aux traitements endodontiques. Consulter le document
Caroline R. A. Valois et Edson Dias Costa-Júnior — Periapical cyst repair after nonsurgical endodontic therapy: case report. Consulter la référence