Publié le :
05/05/2020 23:21:14
Catégories :
Blog dentaire
Article rédigé par le Docteur LAMBOLEY Georges Chirurgien Dentiste
Auteur : Docteur Georges LAMBOLEY — Chirurgien-dentiste
Comprendre le traitement endodontique
Le traitement de canal permet de soulager la douleur, de traiter une infection et de conserver la dent naturelle.
La dévitalisation, également appelée traitement endodontique ou traitement de canal, consiste à retirer la pulpe dentaire lorsqu’elle est profondément inflammatoire, infectée ou détruite. L’intérieur de la dent est ensuite nettoyé, désinfecté et obturé de manière étanche.
Comme une vidéo vaut parfois mieux qu’un long discours, cette animation vous aidera à comprendre le traitement réalisé ou envisagé dans votre bouche.
Sommaire
1. Pourquoi dévitaliser une dent ?
2. Comment se déroule le traitement ?
3. La dévitalisation est-elle douloureuse ?
4. Que faire après la dévitalisation ?
5. Une douleur après le traitement est-elle normale ?
6. Quel est le taux de réussite ?
À l’intérieur de la dent se trouve la pulpe, un tissu vivant contenant des vaisseaux sanguins et des fibres nerveuses. Lorsque cette pulpe est atteinte de manière irréversible, un traitement de canal peut devenir nécessaire pour conserver la dent.
Les principales indications sont :
✓ Une carie profonde ayant atteint la pulpe
✓ Une inflammation irréversible du nerf, appelée pulpite
✓ Une infection située autour de l’extrémité d’une racine
✓ Une fracture ou une fêlure ayant atteint la pulpe
✓ Un traumatisme ayant entraîné la mort progressive de la pulpe

Une pulpite aiguë peut provoquer une douleur intense, spontanée et parfois pulsatile, couramment appelée rage de dent .
Le traitement vise à retirer le tissu inflammatoire ou infecté et à empêcher la multiplication des bactéries à l’intérieur des racines.
Une douleur importante, un gonflement du visage, de la fièvre ou une difficulté à avaler nécessitent une consultation dentaire rapide.
Le nombre de racines et de canaux varie selon les dents. Une incisive possède généralement un canal, tandis qu’une prémolaire ou une molaire peut en comporter plusieurs. Le chirurgien-dentiste doit repérer, nettoyer et obturer l’ensemble du réseau canalaire.
1. Anesthésier et isoler la dent
Une anesthésie locale est réalisée. La dent est ensuite isolée de la salive, généralement à l’aide d’un champ opératoire appelé digue dentaire.
2. Accéder à la pulpe
Le chirurgien-dentiste réalise une ouverture dans la dent afin d’accéder à la chambre pulpaire et aux entrées des différents canaux.
3. Nettoyer les canaux
La pulpe est retirée. De très fins instruments manuels ou mécanisés sont utilisés pour nettoyer et mettre en forme les canaux sur toute leur longueur.
4. Désinfecter l’intérieur des racines
Les canaux sont irrigués avec une solution désinfectante adaptée afin d’éliminer les débris et de réduire la quantité de bactéries.
5. Obturer les canaux
Les canaux sont séchés puis obturés avec un matériau prévu à cet effet, généralement de la gutta-percha associée à un ciment canalaire. L’objectif est d’obtenir une fermeture aussi complète et étanche que possible.

Le microscope opératoire peut aider le praticien à repérer des canaux très fins, courbés ou difficiles d’accès. Il est particulièrement utile dans les cas complexes et lors des retraitements.
Le traitement est réalisé sous anesthésie locale. Dans la majorité des cas, l’intervention n’est donc pas douloureuse. Lorsqu’une inflammation est très importante, une anesthésie complémentaire peut parfois être nécessaire.
Après l’intervention, les tissus situés autour de la racine peuvent rester sensibles pendant quelques jours, notamment lorsque la dent était très inflammatoire ou infectée.
Une sensibilité légère à la pression ou à la mastication peut apparaître après le traitement. Elle doit normalement diminuer progressivement.
Une fois les canaux traités, la dent doit être restaurée de manière suffisamment étanche et résistante. La solution dépend de la quantité de tissu dentaire restant, de la position de la dent et des contraintes masticatoires qu’elle supporte.
Dent peu délabrée : une restauration directe peut parfois suffire.
Dent fortement fragilisée : un inlay, un onlay ou une couronne peut être recommandé.
Perte importante de substance : une reconstruction interne ou un inlay-core peut être nécessaire.
La couronne dentaire est fréquemment proposée sur les prémolaires et les molaires très fragilisées, car ces dents supportent des forces importantes.
Jusqu’à la mise en place de la restauration définitive, il est préférable d’éviter de croquer des aliments très durs avec la dent traitée.
Une gêne à la mastication pendant quelques jours peut être normale. Elle doit toutefois s’atténuer progressivement.
Si un médicament contre la douleur est nécessaire, demandez conseil à votre chirurgien-dentiste ou à votre pharmacien afin de tenir compte de vos traitements, allergies et éventuelles contre-indications.
Recontactez rapidement votre chirurgien-dentiste en présence de :
Le traitement endodontique présente généralement un taux de réussite élevé, souvent supérieur à 90 %. Une dent correctement traitée, restaurée et entretenue peut rester fonctionnelle pendant de très nombreuses années.
Le pronostic dépend notamment :
Une dent peut parfois rester douloureuse ou présenter une infection plusieurs mois ou plusieurs années après le traitement. Les causes possibles comprennent un canal difficile à repérer, une nouvelle contamination, une restauration non étanche ou une fêlure.
✓ Retraitement des canaux
✓ Consultation d’un spécialiste en endodontie
✓ Résection apicale dans certaines situations
✓ Extraction uniquement lorsque la dent ne peut plus être conservée
Selon la dent et la situation clinique, le traitement peut être réalisé en une ou plusieurs séances. Une incisive simple ne demande pas le même temps qu’une molaire possédant plusieurs canaux fins ou courbés.
Une séance supplémentaire peut être nécessaire lorsque l’infection est importante, lorsque les canaux sont particulièrement complexes ou lorsqu’un médicament temporaire doit être laissé dans la dent entre deux rendez-vous.
Le chirurgien-dentiste vérifie le résultat du traitement à l’aide de plusieurs éléments :
Le matériau d’obturation étant radio-opaque, il apparaît clairement sur la radiographie. Celle-ci permet de vérifier sa longueur et sa densité apparente.
Le succès ne dépend toutefois pas uniquement de l’image radiographique. Il s’évalue également grâce à l’absence de symptômes et à la cicatrisation des tissus situés autour de la racine.
Une dent dévitalisée ne contient plus de pulpe vivante, mais les tissus qui entourent sa racine restent sensibles. Une douleur peut donc provenir d’une inflammation, d’une infection, d’une fissure, d’une fracture ou d’un contact dentaire excessif.
Une douleur sur une dent dévitalisée ne signifie pas automatiquement que la dent doit être extraite. Un examen et une radiographie permettent d’en rechercher la cause.
Certaines affirmations diffusées sur Internet prétendent qu’une dent correctement dévitalisée provoquerait systématiquement des maladies générales. Ces affirmations ne sont pas étayées par les connaissances scientifiques actuelles.
Comme toute dent, une dent traitée peut toutefois présenter une nouvelle carie, se fracturer ou être contaminée. Une restauration étanche, une bonne hygiène et des contrôles réguliers restent donc indispensables.
L’objectif principal : conserver la dent naturelle
Réalisé dans de bonnes conditions puis complété par une restauration adaptée, le traitement endodontique permet le plus souvent de soulager la douleur et de préserver durablement la dent.
Haute Autorité de Santé — Traitement endodontique, rapport d’évaluation technologique.
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UFSBD — La dévitalisation.
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Cécile Giacometti — De l’importance du traitement endodontique dans la réussite de la réhabilitation bucco-dentaire.
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Mathieu Boyer — La mise en forme canalaire : le point en 2015.
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Association Dentaire Canadienne — Le traitement de canal.
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