Publié le :
05/05/2020 23:19:27
Catégories :
Blog dentaire
Article rédigé par le Docteur LAMBOLEY Georges Chirurgien Dentiste
Auteur : Docteur Georges LAMBOLEY — Chirurgien-dentiste
Matériaux d’obturation dentaire
Composition, durée de vie, remplacement et nouvelles règles applicables aux amalgames dentaires.

Le mot « plombage » peut prêter à confusion : ce matériau ne contient pas de plomb. Le terme exact est amalgame dentaire. Pendant plus d’un siècle, il a été utilisé pour reconstruire les dents postérieures atteintes par une carie.
Solide, durable et relativement simple à mettre en œuvre, l’amalgame a longtemps occupé une place importante en dentisterie. Sa teneur en mercure et son impact sur l’environnement ont cependant conduit à une réduction progressive de son utilisation, puis à son interdiction générale dans l’Union européenne.
Sommaire
1. Quelle est la composition d’un amalgame ?
2. Quelle réglementation depuis 2025 ?
3. Les anciens amalgames sont-ils dangereux ?
L’amalgame dentaire est constitué d’environ 50 % de mercure associé à une poudre composée principalement d’argent, d’étain et de cuivre. Selon les formulations, d’autres métaux peuvent être présents en faible quantité.
Lors du mélange, l’amalgame prend une consistance malléable qui permet au chirurgien-dentiste de le placer dans la cavité préparée. Le matériau durcit ensuite progressivement pour former une obturation résistante.
✓ Bonne résistance à la mastication
✓ Longévité généralement importante
✓ Tolérance relative à l’humidité pendant la pose
✓ Utilisation historique principalement sur les molaires et prémolaires
Un amalgame bien réalisé peut rester en place pendant de nombreuses années. Sa longévité dépend cependant de sa taille, de la quantité de dent restante, de l’intensité de la mastication, du bruxisme, de l’hygiène bucco-dentaire et de l’apparition éventuelle d’une nouvelle carie.
Une obturation ancienne ne doit pas être considérée comme définitivement acquise. Le chirurgien-dentiste vérifie régulièrement son étanchéité, son état de surface et la solidité des parois dentaires qui l’entourent.
Fin de l’utilisation courante des amalgames
Depuis le 1er janvier 2025, l’utilisation des amalgames dentaires est interdite dans l’Union européenne, sauf lorsque le chirurgien-dentiste l’estime strictement nécessaire en raison des besoins médicaux particuliers du patient.
Avant cette interdiction générale, les amalgames étaient déjà interdits depuis juillet 2018 pour le traitement des dents de lait, des enfants de moins de 15 ans et des femmes enceintes ou allaitantes, sauf nécessité médicale particulière.
Cette évolution réglementaire s’inscrit principalement dans une politique européenne de réduction de l’utilisation du mercure et de limitation de sa dispersion dans l’environnement.
L’interdiction des nouvelles poses ne signifie pas que toutes les anciennes obturations en amalgame doivent être retirées.
Les amalgames peuvent libérer de faibles quantités de mercure, notamment sous forme de vapeur. Cette libération peut varier selon le nombre et la surface des obturations, la mastication, le bruxisme ou la consommation fréquente de boissons très chaudes.
Les connaissances disponibles n’ont pas conduit les autorités sanitaires à recommander le retrait systématique des amalgames anciens lorsqu’ils sont en bon état et qu’aucun problème clinique n’est constaté.
Un amalgame intact : peut généralement être conservé et surveillé.
Un amalgame fissuré : doit être examiné afin d’évaluer la restauration et la dent.
Une douleur ou une carie : nécessite un diagnostic avant toute décision de remplacement.
Les réactions allergiques aux composants métalliques d’un amalgame sont possibles, mais elles restent rares. Une lésion située au contact direct de l’obturation doit être examinée par un chirurgien-dentiste ou un spécialiste en médecine buccale.
La pose d’un nouvel amalgame n’est plus autorisée chez la femme enceinte ou allaitante, sauf besoin médical particulier strictement nécessaire.
En revanche, la présence d’une ancienne obturation en bon état ne justifie pas à elle seule son retrait pendant la grossesse. Si un soin est nécessaire, le chirurgien-dentiste choisit le matériau et le moment du traitement en fonction de la situation clinique.
L’utilisation des amalgames était déjà interdite depuis 2018 pour les dents de lait et chez les enfants de moins de 15 ans, sauf nécessité médicale particulière.
Les restaurations pédiatriques sont aujourd’hui réalisées avec des matériaux sans mercure, choisis selon l’âge de l’enfant, la dent concernée, la taille de la carie et les conditions de réalisation du soin.
Le mercure est un polluant persistant. Une fois libéré dans l’environnement, il peut contaminer l’eau, les sols et les organismes vivants. Il peut ensuite s’accumuler dans la chaîne alimentaire.
Les cabinets dentaires doivent utiliser des séparateurs d’amalgame et confier les résidus à une filière spécialisée. Les fragments retirés ne doivent jamais être rejetés avec les eaux usées ou les déchets ordinaires.
La réduction puis l’interdiction de l’amalgame participent ainsi à la politique européenne de diminution des rejets de mercure.
Un amalgame en bon état, sans carie associée, sans fissure et sans réaction locale particulière ne doit généralement pas être remplacé uniquement parce qu’il contient du mercure.
Son remplacement peut notamment être envisagé lorsque :
✓ L’obturation est cassée ou très usée
✓ Une carie s’est développée sous l’obturation
✓ Une paroi de la dent est fissurée ou fragilisée
✓ L’étanchéité de la restauration n’est plus satisfaisante
✓ Une réaction locale a été diagnostiquée
Ne tentez jamais de retirer ou de meuler vous-même un amalgame. Son retrait doit être réalisé par un chirurgien-dentiste avec un matériel et des précautions adaptés.
Les matériaux sans mercure sont aujourd’hui utilisés pour la grande majorité des restaurations dentaires. Le choix dépend de la taille de la cavité, de la dent concernée, des contraintes masticatoires et de la quantité de tissu dentaire restant.
Le composite est un matériau adhésif dont la teinte peut être adaptée à la couleur de la dent. Il permet des restaurations esthétiques et souvent plus conservatrices.
Sa mise en place exige toutefois une bonne isolation de la dent, car l’humidité peut perturber le collage.
Ces matériaux adhèrent chimiquement aux tissus dentaires et peuvent libérer du fluor. Ils sont notamment utilisés dans certaines petites restaurations, en dentisterie pédiatrique ou comme matériau intermédiaire.
Les inlays et onlays sont des pièces fabriquées sur mesure, généralement en céramique ou en composite renforcé. Ils permettent de reconstruire une dent plus largement délabrée tout en conservant une partie de sa structure.

Aucun matériau n’est idéal dans toutes les situations. Le choix repose sur plusieurs critères :
Le chirurgien-dentiste doit expliquer les différentes solutions possibles, leurs avantages, leurs limites et leur coût avant de proposer le traitement le plus adapté.
Ne faites pas retirer systématiquement vos anciens amalgames
Un ancien plombage en bon état peut généralement rester en place. Son remplacement doit être décidé après un examen clinique et radiographique, lorsque son état ou celui de la dent le justifie.
Règlement européen 2024/1849 modifiant le règlement relatif au mercure.
Consulter le règlement
Ministère de la Santé — Les amalgames dentaires.
Consulter la référence
Ministère de la Santé — Matériaux d’obturation alternatifs aux amalgames dentaires.
Consulter la référence
Xavier Roche — L’amalgame d’argent : un matériau d’obturation actuel ?
Consulter la thèse