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Les troubles de l'occlusion dentaire

Publié le : 05/05/2020 23:23:06
Catégories : Blog dentaire

Auteur : Docteur Georges LAMBOLEY — Chirurgien-dentiste

Comprendre l’équilibre de la dentition

Occlusion dentaire et malocclusion

Comment les dents doivent-elles s’emboîter et quelles sont les principales anomalies de l’occlusion ?

L’occlusion dentaire correspond à la manière dont les dents supérieures et inférieures entrent en contact. Son équilibre participe à la mastication, à la déglutition, à la parole et au confort de la mâchoire.

Qu’est-ce que l’occlusion dentaire ?

L’occlusion dentaire désigne la manière dont les dents de la mâchoire supérieure entrent en contact avec celles de la mâchoire inférieure lorsque la bouche se ferme.

Dans une occlusion fonctionnelle, les contacts dentaires sont suffisamment harmonieux pour permettre une mastication confortable, sans surcharge excessive sur une dent ou un groupe de dents.

Lorsque les dents sont très avancées, espacées, chevauchées ou qu’elles ne s’emboîtent pas normalement, on parle de malocclusion dentaire. Une malocclusion peut être essentiellement esthétique ou provoquer des difficultés de mastication, d’élocution, de nettoyage ou une usure anormale des dents.

Une occlusion différente de la norme ne nécessite pas toujours un traitement. L’indication dépend de son importance, de ses conséquences et de la gêne ressentie.

Qu’est-ce que l’articulation temporo-mandibulaire ?

L’articulation temporo-mandibulaire, appelée ATM, relie la mandibule à l’os temporal du crâne. Il existe une articulation de chaque côté du visage, juste devant les oreilles.

Ces articulations, associées aux muscles masticateurs, permettent d’ouvrir et de fermer la bouche, de déplacer la mâchoire latéralement, de parler, de mâcher, de déglutir et de bâiller.

Les troubles temporo-mandibulaires peuvent avoir plusieurs origines : tensions musculaires, serrement ou grincement des dents, traumatisme, stress, atteinte articulaire ou combinaison de plusieurs facteurs.

À retenir : une malocclusion ne provoque pas automatiquement un trouble de l’ATM. La cause doit être recherchée à l’aide d’un examen complet.

Les différents types de malocclusion

La supraclusion

Supraclusion dentaire

La supraclusion, également appelée occlusion profonde, apparaît lorsque les incisives supérieures recouvrent de manière excessive les incisives inférieures.

Dans les formes importantes, les incisives inférieures peuvent entrer en contact avec le palais ou les tissus situés derrière les dents supérieures. Une usure dentaire ou une irritation des muqueuses peut alors apparaître.

L’infraclusion ou béance dentaire

Infraclusion ou béance dentaire

L’infraclusion se caractérise par l’absence de contact entre certaines dents supérieures et inférieures lorsque la bouche est fermée.

On distingue notamment :

  • La béance antérieure : les incisives et parfois les canines ne se touchent pas.
  • La béance postérieure : certaines prémolaires ou molaires ne sont pas en contact.
  • La béance étendue : l’absence de contact concerne une partie importante de la dentition.

Une béance peut être associée à la croissance des mâchoires, à une succion prolongée du pouce ou de la tétine, à une respiration buccale ou à une position particulière de la langue. Selon le diagnostic, un traitement orthodontique et parfois une rééducation des fonctions linguales peuvent être proposés.

L’articulé inversé

Articulé inversé

Dans une occlusion habituelle, les dents supérieures recouvrent légèrement les dents inférieures. Dans un articulé inversé, une ou plusieurs dents supérieures viennent se placer à l’intérieur des dents inférieures.

L’anomalie peut être localisée à une seule dent, concerner plusieurs dents ou être associée à un décalage entre les mâchoires. Lorsque les dents inférieures sont globalement positionnées devant les dents supérieures, on parle communément de prognathisme mandibulaire ou de classe III.

Le traitement dépend de l’âge, de la croissance, du nombre de dents concernées et de l’importance du décalage osseux.

Comment corriger une malocclusion ?

Le traitement est déterminé après un examen clinique et, si nécessaire, des photographies, des empreintes numériques et des radiographies. Il peut faire appel à :

✓ Un appareil orthodontique fixe

✓ Des gouttières d’alignement

✓ Un appareil orthopédique chez l’enfant en croissance

✓ Une rééducation fonctionnelle ou orthophonique dans certaines situations

✓ Une chirurgie orthognathique pour certains décalages osseux importants

La durée du traitement varie considérablement selon l’âge, la nature de la malocclusion, les objectifs recherchés et la technique employée.

Une couronne dentaire peut-elle être trop haute ?

Après la pose d’une couronne, il peut arriver que le contact avec la dent opposée soit trop précoce. La couronne donne alors l’impression d’être « trop haute » et peut recevoir une charge excessive lors de la fermeture de la bouche ou de la mastication.

Les signes possibles

  • Sensation que cette dent touche avant les autres
  • Douleur lors de la mastication
  • Sensibilité à la pression
  • Fatigue ou tension au niveau de la mâchoire
  • Inconfort persistant après la pose de la couronne

Le chirurgien-dentiste contrôle les contacts à l’aide d’un papier marqueur et peut effectuer une correction très précise de la surface de la couronne.

Une couronne scellée qui paraît trop haute ne doit pas être retirée ou meulée soi-même. Consultez rapidement le chirurgien-dentiste qui l’a posée.

Quelles peuvent être les conséquences d’un mauvais contact ?

Une surcharge localisée

Lorsqu’une dent reçoit une force excessive, notamment à cause d’un contact prématuré, elle peut devenir sensible ou douloureuse à la mastication. Une surcharge durable peut également favoriser :

  • une usure localisée de l’émail ;
  • une inflammation du ligament qui entoure la racine ;
  • une mobilité ou une sensibilité de la dent ;
  • une fracture de la céramique ou d’une restauration fragilisée ;
  • une gêne pendant la mastication.

Une absence de contact

Une dent en sous-occlusion ne participe pas normalement à la mastication. Si le phénomène concerne plusieurs dents, l’efficacité masticatoire peut être diminuée et les autres dents peuvent recevoir une charge plus importante.

La perte de nombreuses dents, leur usure importante ou des restaurations inadaptées peuvent également modifier la hauteur à laquelle les mâchoires se rencontrent. Une analyse précise est alors nécessaire avant toute reconstruction.

Quels sont les signes d’un trouble de l’ATM ?

✓ Douleur de la mâchoire ou des muscles masticateurs

✓ Difficulté ou douleur pendant la mastication

✓ Limitation de l’ouverture buccale

✓ Blocage ou déviation de la mâchoire

✓ Craquement douloureux

✓ Douleurs du visage ou maux de tête associés aux mouvements de la mâchoire

Un craquement isolé, sans douleur ni limitation de mouvement, est fréquent et ne nécessite pas toujours de traitement.

Les migraines, vertiges, acouphènes et douleurs cervicales peuvent avoir de nombreuses causes. Ils ne doivent pas être attribués automatiquement à l’occlusion dentaire.

Qui consulter ?

Le chirurgien-dentiste constitue le premier interlocuteur. Il examine les dents, les contacts dentaires, les muscles masticateurs et les articulations temporo-mandibulaires.

Lorsque la position des dents ou des mâchoires nécessite une correction, il peut orienter le patient vers un orthodontiste. En présence d’une atteinte articulaire complexe ou d’un décalage osseux important, l’avis d’un chirurgien oral ou maxillo-facial peut être demandé.

Une prise en charge complémentaire par un kinésithérapeute, un orthophoniste ou un autre professionnel peut être indiquée selon les symptômes et le diagnostic. Elle ne remplace pas l’examen dentaire.

Consultez rapidement si vous présentez :

  • un blocage soudain de la mâchoire ;
  • une douleur importante ou persistante ;
  • une difficulté à ouvrir ou fermer la bouche ;
  • un traumatisme du visage ou de la mâchoire ;
  • une couronne ou une restauration qui empêche de fermer normalement les dents.

Une prise en charge adaptée à chaque patient

Toutes les malocclusions ne nécessitent pas un traitement. Une consultation permet d’évaluer leur importance et de rechercher une solution proportionnée aux difficultés fonctionnelles ou esthétiques rencontrées.

Bibliographie

Pauline Picart — Occlusion dentaire, posture et performances sportives, Université de Lorraine, 2015.
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Doria Roumigué — Symptomatologies et étiologies des troubles de l’occlusion : analyse de plus de 650 questionnaires patients.
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Nicolas Fougeront — Neurophysiologie de l’occlusion.
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